Le chef de terre de Galim Tignière et sa femme ainsi que leurs trois enfants brûlés vifs dans leur résidence de fonction
Galim-Tignère n’est pas un accident isolé. C’est le miroir brutal de l’effondrement de l’État camerounais.
Un sous-préfet, sa femme et trois enfants meurent dans des conditions atroces. Une famille entière est rayée de la carte pendant que le régime, lui, continue de faire semblant de gouverner un pays qu’il a vidé de toute légitimité. Ce drame impose le respect pour les victimes. Mais il impose surtout des questions politiques que le pouvoir refuse d’affronter.
Depuis des décennies, le régime Biya a transformé l’administration en instrument de domination, coupé des populations, protégé par la peur et l’impunité. Aujourd’hui, dans le septentrion, des citoyens disent ouvertement qu’ils ne reconnaissent plus ces relais d’un pouvoir illégitime. Ce rejet n’est pas un complot : c’est le résultat direct d’une confiscation prolongée du pouvoir.
Que les causes de l’incendie soient accidentelles ou non, le vrai incendie est ailleurs : un État absent, une autorité sans légitimité, un pays maintenu artificiellement uni par la force.
Les partitions ne naissent pas du jour au lendemain. Elles naissent quand un régime refuse d’écouter, refuse de se réformer, refuse de partir. Elles naissent quand la colère remplace la confiance et que la peur devient mode de gouvernance.
Le Cameroun est à un point de non-retour. Continuer à ignorer les signaux, à réprimer au lieu de dialoguer, à nier la réalité politique du pays, c’est préparer consciemment le chaos. L’histoire jugera sévèrement ceux qui, par leur entêtement, auront conduit le pays au bord de l’implosion.
The D.O. of Galim Tignière, his wife, and their three children were burned alive in their official residence
Galim-Tignière is not an isolated incident. It is a brutal reflection of the collapse of the Cameroonian state.
A sub-prefect, his wife, and three children died in horrific circumstances. An entire family was wiped off the map while the regime continues to pretend to govern a country it has stripped of all legitimacy. This tragedy demands respect for the victims. But above all, it raises political questions that the government refuses to confront.
For decades, the Biya regime has transformed the administration into an instrument of domination, cut off from the people, protected by fear and impunity. Today, in the north, citizens are openly saying that they no longer recognize these instruments of illegitimate power. This rejection is not a conspiracy: it is the direct result of a prolonged seizure of power.
Whether the cause of the fire was accidental or not, the real fire lies elsewhere: an absent state, an authority without legitimacy, a country artificially held together by force.
Partitions don’t appear overnight. They arise when a regime refuses to listen, refuses to reform, refuses to step down. They arise when anger replaces trust and fear becomes the mode of governance.
Cameroon is at a point of no return. To continue ignoring the warning signs, to repress instead of engage in dialogue, to deny the country’s political reality, is to consciously pave the way for chaos. History will severely judge those who, through their stubbornness, have led the country to the brink of implosion.
EKN

