Encore la vice-présidence au Cameroun
Un vice-président sans pouvoir indépendant n’est pas une solution— il est un symbole. Nous ne sommes pas des enfants à apaiser avec des titres. On ne peut pas résoudre un problème structurel avec une position symbolique.Parce qu’au final, la question n’est pas de savoir si un titre est créé. La question est de savoir si un peuple est traité comme égal— ou géré comme sujet. Et cette réponse… définira l’avenir.
Mes frères et sœurs,
Depuis plus d’un demi-siècle, le Cameroun nous dit d’attendre.
Être patient.
Faire confiance à cette inclusion viendra.
Et aujourd’hui, une fois de plus, on nous présente quelque chose qui est censé ressembler à un progrès – un poste de vice-président pour les Ambazoniens du Sud.
Mais parlons franchement :
Nous ne sommes pas des enfants à apaiser avec des titres.
Nous sommes un peuple qui se souvient.
En 1961, lorsque le Sud-Cameroun est entré en union avec le Cameroun, ce n’était pas un acte de reddition. Il s’agissait d’une union négociée – censée être bâtie sur deux partenaires égaux.
Deux personnes. Deux systèmes.
Une nation – fondée sur l’égalité.
Et l’un des pères fondateurs de cette union, John Ngu Foncha, a accepté de bonne foi le rôle de vice-président. Il semblait incarner cette égalité.
Mais l’histoire n’a pas mis longtemps à révéler la vérité.
Il a démissionné.
Et selon ses propres mots, son bureau n’avait aucune substance – pas de vrai pouvoir, pas de véritable autorité, pas de véritable capacité de défendre les gens qu’il représente.
Ce n’est pas un petit détail.
C’est un avertissement écrit dans l’histoire.
Et pourtant aujourd’hui, des décennies plus tard, nous sommes ramenés à la même idée – comme si nous avions oublié, comme si nous n’avions rien appris. Non, on se souvient.
Nous nous souvenons qu’après l’union a eu lieu le démantèlement de sa fondation, qui a culminé avec le référendum constitutionnel camerounais de 1972, où la structure fédérale – la garantie même de l’égalité – a été balayée.
Nous nous souvenons que depuis l’indépendance, pas une seule fois un anglophone s’est élevé au plus haut poste du pays.
Et maintenant, au lieu de rétablir l’équilibre, au lieu de revenir à un vrai partenariat, on nous offre un rendez-vous.
Un rendez-vous.
Soyons clairs sur ce que cela signifie :
Un vice-président choisi par le président n’est pas un partenaire— il est subordonné.
Un vice-président qui doit sa position à un seul homme ne peut pas parler avec la voix d’un peuple.
Un vice-président sans pouvoir indépendant n’est pas une solution— il est un symbole.
Et nous avons déjà vu ce symbole auparavant.
Ça a échoué alors. Ça va encore échouer.
L’égalité ne se donne pas. L’égalité est intégrée dans la structure du pouvoir.
Si un côté peut décider qui représente l’autre, ce n’est pas l’unité, c’est le contrôle.
Si un côté détient toute autorité décisive, ce n’est pas un partenariat, c’est un déséquilibre.
Nous ne devons pas permettre que l’histoire se répète sous un autre nom.
Nous ne devons pas confondre reconnaissance et respect.
Nous ne devons pas confondre les nominations pour une représentation.
Nous ne devons pas confondre les symboles avec la substance. Parce qu’un peuple qui accepte les illusions sera toujours gouverné par des réalités qu’il n’a pas choisies.
Il ne s’agit pas de colère. Il s’agit de vérité. Et la vérité est simple :
Vous ne pouvez pas résoudre un problème structurel avec une position symbolique.
Ce qui est nécessaire, ce n’est pas la décoration en haut— mais la transformation à la fondation.
Une vraie égalité. Un vrai partenariat. Un vrai pouvoir partagé – non assigné. C’est la norme.
C’est le principe. C’est la ligne que l’histoire exige que nous traçions.
Parce qu’au final, la question n’est pas de savoir si un titre est créé. La question est de savoir si un peuple est traité comme égal— ou géré comme sujet. Et cette réponse… définira l’avenir.
Bobga Ayaba
Congrès national d’Ambazonie


