Au Cameroun, le pouvoir n’est pas seulement institutionnel, il est aussi relationnel et familial
Sous Ahmadou Ahidjo, pouvoir dur, mais retenu dans sa mise en scène familiale, les membres de la famille présidentielle étaient très peu visibles publiquement, le pouvoir était centralisé, mais personnellement discret, la mise en scène du régime passait par l’État, pas par la famille. Il y avait une forme de sobriété politique, même dans un système autoritaire
Sous Paul Biya, le pouvoir déborde de l’institution vers l’entourage, la famille présidentielle est beaucoup plus visible, certaines apparitions publiques (cérémonies, tribune officielle, escortes) donnent une impression de proximité avec le pouvoir.
Cette mise en scène du pouvoir, visibilité symbolique, présence dans les rituels officiels alimente des perceptions dans l’opinion, même sans rôle institutionnel formel. On observe une dynastisation implicite, perception (réelle ou non) d’une préparation familiale du pouvoir, confusion entre sphère publique et privée.
Ce n’est pas seulement une question de comportement individuel. C’est une question de signal politique : quand un membre de la famille présidentielle est : très visible, fortement sécurisé, présent dans des espaces symboliques du pouvoir, cela envoie un message, volontaire ou non : le pouvoir n’est pas seulement institutionnel, il est aussi relationnel et familial
EKN
Au Cameroun, le pouvoir n’est pas seulement institutionnel, il est aussi relationnel et familial


