La Commission de la CEMAC au bord de l’asphyxie financière?
On peut raisonnablement dire que la Commission de la CEMAC est au bord de l’asphyxie financière, et ce n’est pas une formule excessive. C’est le résultat d’un malaise structurel, ancien et désormais visible au grand jour.
Les contributions communautaires des États membres sont irrégulières, incomplètes, voire inexistantes.
Certains pays accumulent plusieurs années d’arriérés, les paiements arrivent tard, parfois après de fortes pressions politiques, résultat : trésorerie instable, imprévisible
Une institution régionale ne peut pas fonctionner durablement comme ça. Cette crise financière a des effets très concrets: Retards de salaires et primes du personnel, Projets communautaires gelés ou ralentis. Dépendance excessive à des financements extérieurs, crédibilité affaiblie face aux partenaires techniques et financiers. En clair: la Commission survit plus qu’elle ne gouverne.
La CEMAC devait être un moteur : libre circulation, un marché commun, harmonisation des politiques économiques. Mais sans moyens financiers: les décisions restent sur le papier, les sommets produisent peu d’effets réels. Chaque État agit surtout selon ses intérêts nationaux
L’intégration est politique dans les discours, mais faible dans les actes.
Faute de ressources propres solides, la Commission se tourne vers des partenaires extérieurs et perd une partie de son autonomie stratégique. Voit ses priorités parfois dictées de l’extérieur. C’est un paradoxe : une organisation censée renforcer la souveraineté régionale devient financièrement dépendante.
La crise n’est pas seulement financière, elle est politique: Les États acceptent les décisions communautaires… tant qu’elles ne coûtent rien. Il n’existe presque aucune sanction efficace contre les mauvais payeurs. La Commission n’a pas le pouvoir d’imposer le respect des règles. Sans volonté politique forte, aucun mécanisme financier ne tiendra.
En résumé, la Commission de la CEMAC est en grande difficulté financière. Cette situation menace directement l’intégration sous-régionale. Le problème est moins l’argent que l’engagement réel des États
Si rien ne change, la CEMAC risque de rester une institution formelle, mais sans souffle, loin des ambitions affichées


