LA BÊTISE DE L’ÉTAT FRANÇAIS

LA BÊTISE DE L’ÉTAT FRANÇAIS

En août 2023, lors de la crise due à la stupidité de la CEDEAO, souvenons-nous que l’AES n’existait pas.

Malgré la posture et le ton colonial de Paris, Niamey et les deux autres pays espéraient sûrement que la diplomatie prévaudrait pour résoudre la mésentente.

Mais non. Au lieu de diplomatie, la France a persisté dans l’arrogance et le mépris. Allant jusqu’à menacer Niamey d’une intervention militaire, avec la caution de la Françafrique, notamment de trois chefs d’État de la CEDEAO, commis par la France. On se souvient des sorties lamentables voire honteuses de ces chefs d’État. Rarement on a observé une attitude aussi aliénante que minable. La palme de l’ignominie revenant à Tinubu et à son homologue du Bénin.

Au demeurant, à ce stade, l’option de la diplomatie était encore relativement abordable. Mais Paris n’avait toujours pas eu le réflexe et le bon sens.

Qui pis est, dans la même logique arrogante et anachroniquement paternaliste, Paris avait répondu à Niamey par une attitude belliqueuse et toujours coloniale, lorsque le pays a décidé souverainement de remettre en question le contrat léonin d’AREVA.
On connaît tous l’épilogue du conflit : c’est manu militari qu’AREVA et l’Armée française humiliée (à cause de l’entêtement aveugle de l’Hexagone) ont été renvoyées du Niger. C’est le résultat du durcissement et du mépris inadmissible du gouvernement français. De ce fait, les relations étaient devenues plus que tendues ; là, elles avaient considérablement entamé leur dissolution. Voire un point de non-retour.

Ajoutés à cela, liés à la crise, les nombreux et ubuesques “Conseils de Guerre” de la CEDEAO tenus à Accra au Ghana, étaient sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : l’AES est née à Bamako, avec la “Charte du Liptako-Gourma”, le 16 septembre 2023. Une réponse politique et stratégique implacable et tout à fait compréhensible.

Entre-temps, la piste de la diplomatie désertée, les autres puissances s’y sont engouffrées rapidement avec succès. Les États-Unis n’étaient pas de reste. Ce qui a contribué indirectement à affaiblir Paris et renforcer l’AES.

L’obstination depuis lors à vouloir déstabiliser les régimes par tous les moyens, y compris en utilisant les terroristes djihadistes, nous conduit aujourd’hui à la rupture des relations diplomatiques entre la France et l’AES. Rupture initiée avec autorité par le Burkina Faso.

Qu’espérait la France après tout ça !

Si aujourd’hui la France est passablement vomie par les peuples du Sahel notamment, qu’on ne nous dise surtout pas que cela procéderait d’un pseudo-sentiment anti-français. C’est faux. En revanche, depuis toujours, l’Afrique attend que la France rende des comptes par ailleurs : ça c’est autre chose !

La France a eu ce qu’elle a elle-même semé et mérité : son isolement au Sahel. De plus, une certaine jeunesse africaine, instruite par cette expérience et les bouleversements en cours, espère que la remise en cause de la France et de sa politique néocoloniale dans toute l’Afrique de l’Ouest ne fait que commencer.

Paris ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Il ne doit s’en prendre qu’à son manque de vision réformiste et d’honnêteté. C’est une stupidité coupable et responsable. L’imbécillité du triumvirat de nos présidents aliénés a fait le reste.
Eng. Akum George Cameroon Faso: https://www.facebook.com/share/1LvcTHQAiW/