CAMEROUN : QUAND LES GRANDS PROJETS VACILLENT
Le Cameroun agonise sous le poids d’un système qui semble ne plus vouloir lâcher prise.
Le fleuron hydroélectrique du pays, Nachtigal, sur le fleuve Sanaga, est aujourd’hui au cœur d’interrogations financières qui devraient interpeller tous les Camerounais.
Comment un projet présenté comme l’un des grands symboles de la modernisation du pays peut-il se retrouver confronté à de telles difficultés financières ?
Et surtout, que devient la promesse du développement lorsque les grands projets annoncés à coups de milliards peinent à produire les résultats attendus ?
Nachtigal devait être une réponse aux difficultés énergétiques du Cameroun : davantage d’électricité, une production plus stable et un soutien à l’activité économique.
Mais lorsqu’un projet aussi stratégique vacille financièrement, c’est toute la logique des grands investissements publics et parapublics qu’il faut réexaminer.
Car le problème dépasse Nachtigal.
Barrages, routes, stades, infrastructures, grands projets : combien ont réellement transformé durablement la vie quotidienne des Camerounais ?
À force d’annonces spectaculaires, de cérémonies officielles et de milliards annoncés, une question finit inévitablement par s’imposer :
CES GRANDS PROJETS SONT-ILS TOUJOURS PENSÉS D’ABORD POUR LE BIEN-ÊTRE DES CAMEROUNAIS ?
La question est légitime.
Elle ne signifie pas que chaque projet est une opération de détournement. Mais elle impose de demander des comptes, projet par projet, franc CFA par franc CFA.
Combien a été budgété ?
Combien a réellement été dépensé ?
Qui a obtenu les marchés ?
Quels sont les délais ?
Quels résultats ont été obtenus ?
Qui contrôle l’exécution ?
Et surtout : qui répond des échecs lorsque les objectifs ne sont pas atteints ?
Voilà le véritable problème.
Un pays ne se développe pas avec des inaugurations.
Il se développe avec des infrastructures qui fonctionnent, des entreprises qui produisent, une énergie fiable, des routes entretenues, des finances publiques maîtrisées et une gouvernance capable de rendre des comptes.
Le Cameroun possède les ressources, les hommes, les compétences et le potentiel nécessaires pour devenir une grande économie africaine.
Ce qui est aujourd’hui en question, c’est la capacité du système de gouvernance à transformer ces atouts en prospérité réelle et durable.
Après plus de quatre décennies de pouvoir du même régime, les Camerounais sont en droit de demander autre chose que des promesses.
Ils veulent des résultats.
Ils veulent savoir où va l’argent.
Ils veulent comprendre pourquoi certains grands projets accumulent les difficultés.
Ils veulent que chaque franc investi produise une valeur mesurable pour la nation.
Et surtout, ils veulent retrouver l’espoir.
Le Cameroun n’a plus besoin de grands discours sur le développement.
Il a besoin d’un État qui fonctionne.
D’une gouvernance transparente.
D’une gestion rigoureuse des ressources publiques.
D’une justice capable de contrôler les puissants.
Et d’une alternance des idées et des hommes lorsque le système en place n’arrive plus à répondre aux attentes de la population.
Le Cameroun n’appartient à aucun régime.
Il appartient à son peuple.
Et aucun pouvoir ne devrait considérer un pays comme une proie qu’il pourrait contrôler indéfiniment.
EKN
CAMEROON: WHEN BIG PROJECTS WOBBLE
Cameroon is agonizing under the weight of a system that seems unwilling to let go.
The country’s flagship hydroelectric project, Nachtigal, on the Sanaga River, is now at the center of financial questions that should concern all Cameroonians.
How can a project presented as one of the great symbols of the country’s modernization face such financial difficulties?
And above all, what happens to the promise of development when major projects announced with billions struggle to deliver the expected results?
Nachtigal was supposed to be a response to Cameroon’s energy challenges: more electricity, a more stable supply, and support for economic activity.
But when a project this strategic falters financially, the entire logic of large public and semi-public investments needs to be reconsidered.
Because the problem goes beyond Nachtigal.
Dams, roads Stadiums, infrastructure, big projects: how many have truly and sustainably changed the daily lives of Cameroonians? With so many flashy announcements, official ceremonies, and billions in the headlines, one question inevitably arises: ARE THESE BIG PROJECTS ALWAYS DESIGNED FIRST FOR THE WELL-BEING OF CAMEROONIANS? It’s a fair question. It doesn’t mean that every project is a case of embezzlement. But it does mean we need to hold people accountable, project by project, CFA franc by CFA franc. How much was budgeted? How much was actually spent? Who got the contracts? What are the timelines? What results have been achieved? Who is overseeing the execution? And most importantly: who takes responsibility when the goals aren’t met? That’s the real issue. A country doesn’t develop through ribbon-cutting ceremonies. It develops with infrastructure that works, companies that produce, reliable energy, and roads that are maintained.
Yes, controlled public finances and governance capable of being accountable. Cameroon has the resources, the people, the skills, and the potential needed to become a major African economy. What’s really at stake today is the ability of the governance system to turn these assets into real and lasting prosperity. After more than four decades of the same regime in power, Cameroonians have the right to demand more than just promises. They want results. They want to know where the money goes. They want to understand why some major projects keep running into problems. They want every franc invested to create measurable value for the nation. And above all, they want to regain hope. Cameroon no longer needs big talks about development. It needs a functioning state, transparent governance, strict management of public resources, and a justice system capable of keeping the powerful in check.
And a rotation of ideas and leaders when the current system can no longer meet the population’s expectations. Cameroon doesn’t belong to any regime. It belongs to its people. And no power should see a country as prey it can control indefinitely.
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