DISCOURS D’OUVERTURE DU 51e SESSION PLÉNIÈRE DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE LA FRANCOPHONIE
51ème SESSION PLÉNIÈRE
DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE LA FRANCOPHONIE
DISCOURS D’OUVERTURE DU TRÈS HONORABLE PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
MONSIEUR DATOUO THÉODORE
Palais de Verre Paul BIY
Yaoundé, 10 juillet 2026
- Monsieur le Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie ;
- Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Générale de la Francophonie ;
- Monsieur le Président du Sénat du Cameroun ;
- Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants des Chambres des Parlements membres de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie ;
- Madame la Déléguée Générale de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie ;
- Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
- Monsieur le Président du Conseil Économique et Social ;
- Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;
- Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême ;
- Madame le Procureur Général près ladite Cour ;
- Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
- Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;
- Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;
- Mesdames et Messieurs les Parlementaires ;
- Monsieur le Maire de la Ville de Yaoundé ;
- Chers Invités ;
- Excellences, Mesdames et Messieurs ;
C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de prendre la parole devant les représentants des peuples de l’espace francophone réunis aujourd’hui à Yaoundé.
Au nom du Parlement camerounais, je souhaite à chacune de vos délégations une chaleureuse bienvenue au Cameroun, à l’occasion de la cinquante et unième session plénière de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie
Votre présence nombreuse nous honore.
Elle témoigne surtout de la confiance que l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie n’a cessé d’accorder au Parlement camerounais.
Cette confiance est le fruit d’une coopération constante, d’une estime réciproque et d’un engagement partagé au service des idéaux qui fondent notre communauté francophone.
Le devoir m’impose, en cette solennelle circonstance, de m’incliner devant la mémoire du Président Léopold Sédar Senghor, dont la vision inspira la création de notre Organisation en 1967.
Je voudrais également rendre un hommage appuyé à ceux de mes compatriotes qui, par leur engagement et leur dévouement, ont durablement marqué la présence du Cameroun au sein de l’APF.
Ma pensée va tout particulièrement à Marcel Marigoh Mboua, Théodore Mayi Matip et Gabriel Balla Bounoung, tous de vénérée mémoire.
J’y associe également Nicolas Amougou Noma, lui aussi aujourd’hui disparu, premier Camerounais à avoir accédé à la présidence mondiale de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.
Que leur mémoire demeure une source d’inspiration pour les générations de parlementaires appelées à poursuivre leur œuvre au service de la Francophonie et du Cameroun.
Depuis lors, le Parlement camerounais et l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie entretiennent une coopération agissante et fructueuse, au plus grand bénéfice de notre pays.
Je voudrais, à cet égard, exprimer ma profonde gratitude aux dirigeants de notre Organisation. Je forme également le vœu que cette coopération connaisse un nouvel élan, en se densifiant et en se diversifiant davantage.
Le contexte institutionnel de notre pays s’y prête désormais pleinement. Avec l’avènement du bicaméralisme, le Parlement du Cameroun, composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat, entend apporter une contribution encore plus significative au rayonnement de la francophonie parlementaire.
Car nous sommes convaincus que les défis de notre temps appellent des réponses concertées fondées sur le dialogue, le respect mutuel et la solidarité entre les peuples.
C’est dans cet esprit que nous abordons les travaux de cette cinquante et uneième session plénière.
Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants des Chambres des Parlements membres de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie,
Les travaux de notre Session plénière portent sur deux thèmes d’actualité et de portée majeure.
Le premier est consacré au multilatéralisme et à la souveraineté des États. La seconde porte sur les changements climatiques dans un espace francophone en quête de développement et de solidarité dans un monde en pleine mutation.
Je voudrais, à cet égard, adresser mes sincères félicitations aux initiateurs de ces travaux pour la pertinence de leur choix. À première vue, ces deux thèmes peuvent sembler distincts.
En réalité, ils sont profondément liés. Car ils renvoient à une même exigence : celle de construire un monde où le respect et la souveraineté des États s’accompagnent d’une solidarité internationale, capable d’apporter des réponses communes aux défis qui interpellent l’humanité.
S’agissant du multilatéralisme, la position du Cameroun est constante. Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, n’a cessé d’affirmer l’attachement de notre pays à cette approche fondée sur le dialogue, la concertation et la coopération entre les nations.
À l’occasion de la présentation des vœux du Corps diplomatique le 8 janvier 2026, il rappelait que l’organisation au Cameroun de la quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce traduisait la volonté de notre pays de demeurer une terre du multilatéralisme. Je le cite : « Le Cameroun continuera à jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le concert des Nations. C’est dans ce sens que mon pays va abriter cette année la quatorzième Conférence ministérielle du Commerce. Ce sera une occasion supplémentaire de magnifier les vertus du multilatéralisme. » Fin de citation.
Cette vision est aussi celle qui inspire les travaux de notre Organisation. L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie est, depuis sa création, un espace privilégié de dialogue, d’écoute mutuelle, et de coopération entre des Parlements unis par une langue, mais surtout par des valeurs communes.
À l’heure où les tensions internationales fragilisent parfois les mécanismes de coopération, il nous appartient de réaffirmer notre confiance dans les vertus du dialogue et de l’action concertée. Comme le rappelle avec justesse un adage africain : « Une seule main n’attache pas un fagot de bois. ».
Cette sagesse populaire nous enseigne qu’aucun peuple, aucune nation, aussi forte soit-elle, ne peut durablement relever seule les défis de notre époque. C’est tout le sens de notre engagement commun au sein de la Francophonie parlementaire.
Car les défis qui nous rassemblent aujourd’hui dépassent largement les frontières de chacun de nos États. Ils concernent, tout simplement, nos destins communs.
Mesdames et Messieurs,
S’agissant des changements climatiques, nous sommes confrontés à l’un des plus grands défis de notre époque. Il s’agit d’une question d’avenir pour l’humanité tout entière.
Depuis l’adoption de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la communauté internationale a accompli des progrès qu’il convient de saluer.
L’Accord de Paris a notamment constitué une étape majeure dans la mobilisation mondiale contre le dérèglement climatique.
Mais chacun en conviendra, les attentes demeurent considérables. Les pays les plus vulnérables continuent d’espérer que les engagements pris se traduiront davantage par des actions concrètes, des mécanismes de financement plus efficaces et une solidarité internationale renforcée.
La solidarité climatique ne peut être un simple principe. Elle doit devenir réalité. Notre réponse ne peut être qu’une réponse collective, fondée sur la confiance, la responsabilité partagée et la coopération internationale. C’est là que le multilatéralisme retrouve toute sa force et toute sa pertinence.
Mesdames et Messieurs,
Les questions climatiques touchent à la vie quotidienne de nos populations : l’accès à l’eau, la santé publique, la préservation de la biodiversité, la stabilité économique de nos États.
Nous, parlementaires, ne pouvons rester de simples observateurs des mutations qui traversent le monde. Notre responsabilité est d’accompagner cette transformation. À ce titre, les Parlements ont un rôle majeur à jouer dans la promotion d’un développement durable conciliant protection de l’environnement, croissance économique et progrès social.
L’espace francophone dispose, à cet égard, d’atouts considérables : la diversité de ses expériences, la richesse de ses expertises, la qualité du dialogue entre ses membres.
Nous pouvons faire de notre assemblée un véritable laboratoire d’idées, un espace d’échanges de bonnes pratiques, et une force de proposition au service de nos peuples.
Mesdames et Messieurs,
Les travaux que nous ouvrons aujourd’hui revêtent une importance toute particulière. Ils nous offrent l’occasion de transformer nos convictions en engagements, et nos engagements en actions. Cette volonté d’agir ensemble doit également continuer d’inspirer notre engagement en faveur de la paix. Car il ne peut y avoir de prospérité partagée sans paix.
La paix n’est pas seulement une aspiration universelle. Elle est la condition première du développement. Elle est le fondement de la stabilité des États. Elle est le socle de toute coopération durable entre les peuples.
À l’heure où de nombreuses régions du monde sont confrontées aux violences et aux conflits multiformes, notre responsabilité est de continuer à faire prévaloir le dialogue sur l’affrontement, la concertation sur la division, et la recherche du compromis sur la logique d’exclusion.
Le Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul BIYA, l’a rappelé à plusieurs reprises avec la constance qui caractérise son engagement en faveur de la paix. Je le cite : « La voie des armes est sans issue. ». Cette conviction nous interpelle tous.
Le Parlement du Cameroun demeure résolument engagé dans cette voie. Il continuera d’apporter sa contribution au renforcement du dialogue entre les peuples, à la promotion du multilatéralisme et à la recherche de solutions concertées face aux défis auxquels notre monde est confronté.
Mesdames et Messieurs,
La Francophonie parlementaire est bien davantage qu’un espace où se partage une langue.
Elle est une communauté de valeurs.
Elle est une communauté de dialogue.
Elle est une communauté de solidarité.
Elle est surtout une communauté de destin.
Je voudrais formuler le vœu qu’au terme de nos travaux, chacun reparte de Yaoundé avec la conviction que la Francophonie parlementaire demeure une force de proposition, une force de dialogue et une force d’espérance pour nos peuples.
C’est dans cet esprit que je déclare ouverts les travaux de la cinquante et uneième session plénière de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.
- Vive le Parlement camerounais ;
- Vive l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie ;
- Vive la coopération internationale ;
- Vive le Cameroun et Son Illustre Chef, Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’État.
Je vous remercie.
DISCOURS D’OUVERTURE DU 51e SESSION PLÉNIÈRE DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE LA FRANCOPHONIE


