Guerre meurtrie au NO/SO. Un soldat écrivit à Paul Biya: “Ordonnez un cessez-le-feu immédiat pour stopper l’hémorragie…”
« Lettre ouverte depuis l’enfer du front : L’appel au secours d’un soldat camerounais.
À l’attention de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef d’État-major des Armées,
À l’attention de Monsieur le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense,
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre,
C’est avec le respect dû à vos rangs, mais avec la gorge nouée par la terreur et les larmes, que je vous écris depuis les brousses du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Je vous écris sous le bruit des détonations, là où la mort rôde à chaque seconde, là où le sang de mes frères d’armes et celui de mes compatriotes civils coulent sur la même terre camerounaise.
Aujourd’hui, je ne vous parle pas avec la voix froide d’un matricule, mais avec l’âme brisée d’un fils de la patrie qui vit un séjour quotidien en enfer.
Le quotidien de notre enfer:
Quand j’ai embrassé le métier des armes, c’était pour défendre l’intégrité de notre territoire, pour protéger nos frontières et faire la fierté de ma famille. Mais la réalité du front anglophone nous consume à petit feu.
La peur invisible :
Nous marchons chaque jour la peur au ventre, guettant les engins explosifs improvisés (EEI) qui ont déjà arraché les jambes et la vie de tant de mes camarades.
La détresse psychologique :
Les nuits sans sommeil, la faim, la boue, et le spectacle d’un Cameroun qui s’autodétruit sont devenus notre quotidien. Nous sommes épuisés, physiquement et mentalement.
Le drame humain : Derrière chaque assaut, ce sont des familles camerounaises qui pleurent. Qu’ils soient en uniforme ou civils, ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants qui tombent.
L’illusion d’une solution militaire:
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, nous tenons nos positions par devoir et par discipline, mais la vérité du terrain est implacable : cette guerre ne se gagnera pas par les armes. Chaque village brûlé, chaque vie fauchée ne fait qu’enraciner la haine et prolonger ce cauchemar. Nous ne combattons pas un ennemi envahisseur venu d’ailleurs ; nous sommes en train de nous entre-déchirer entre enfants d’une même nation.
« Le vrai courage d’un chef ne se mesure pas à sa capacité à prolonger une guerre, mais à sa force d’ordonner la paix. »
Un appel vibrant à la paix immédiate
Au nom de tous mes camarades tombés au champ d’honneur, au nom des veuves et des orphelins que cette crise ne cesse de fabriquer, je vous en supplie : arrêtez cette guerre.
Ordonnez un cessez-le-feu immédiat pour stopper l’hémorragie.
Privilégiez un dialogue sincère, inclusif et définitif. La solution est politique, elle est humaine, elle est dans la parole et non dans les balles.
Nous avons juré de servir la patrie, pas de la voir s’autodétruire dans une guerre sans fin. Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, entendez le cri de détresse de vos soldats qui souffrent dans l’ombre. Ramenez la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Permettez-nous de rentrer chez nous vivants, et permettez au Cameroun de redevenir ce havre de paix que nous aimons tant.
Avec l’espoir désespéré d’un retour à la paix,
Guerre meurtrie au NO/SO. Un soldat écrivit à Paul Biya: “Ordonnez un cessez-le-feu immédiat pour stopper l’hémorragie…”


